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WattNews ParolesArtisans Schneider

Paroles d’artisans : Magazine WattNews Schneider Electric – Numéro 12 – Octobre 2000

Comment êtes-vous arrivée à la direction de votre entreprise ?
Précipitamment ! J'ai en fait repris l'entreprise en 1989 lorsque mon patron a dû cesser son activité. J'étais alors secrétaire-comptable. Je connaissais bien l'entreprise et ses marchés.

Qu'est-ce qui vous a le plus angoissé ?
C'est bien sûr d'être une femme dans un univers d'hommes, d'avoir à rencontrer tous les corps de métier et à diriger une équipe masculine. Ceci était d'autant plus difficile que je passais du statut de collègue au statut de patron et que j'avais besoin de leur soutien total pour y arriver.

Comment avez-vous été perçue par vos clients, les bureaux d'études... ?
Cela n'a pas été facile. Au début, on ne me donnait pas plus de 6 mois, j'étais un peu une exception dans ce milieu. Je n'avais pas droit à l'erreur. Il fallait que je réagisse et que je reste crédible. Quand je ne savais pas, je le disais. Je n'avais pas de formation technique, et malheureusement je n'avais absolument pas le temps de programmer un stage. J'ai donc suivi les formations techniques des fournisseurs, des organismes de contrôle, des bureaux d'études. J'ai potassé les catalogues, j'avais les normes comme livre de chevet...

Une femme dirige-t-elle différemment d'un homme ?
Je pense que oui. Une femme a tendance à être plus tolérante et à ne pas sanctionner immédiatement. Mais c'est aussi parfois un tort.

Que diriez-vous aux jeunes femmes qui pensent s'installer ?
Qu'il faut avoir la foi pour travailler dans le bâtiment. Mais quand on a la volonté et que l'on choisit un métier qui nous plaît, on arrive à tout. Il faut aussi savoir s'entourer de gens qui ont des compétences que l'on n'a pas soi-même. Il faut être à la fois technicienne et gestionnaire et bien sûr, foncer, être battante.

 

DL

Dauphiné Libéré : Journée de la femme – Histoires de femmes 8 Mars 2000

Monique Veillard : la secrétaire qui devient chef d’entreprise

Pas facile de s’imposer quand on est une femme chef d’entreprise. Monique Veillard a relevé ce défi. Depuis 11 ans, elle est gérante de la SARL Etteba, entreprise d’électricité générale employant une dizaine de salariés, basée dans la zone industrielle de Sallanches. Elle a débuté sa carrière en 1973 en tant que secrétaire-comptable, avec un baccalauréat de gestion en poche. En 88, son patron, M. Fabbro, ne peut plus s’occuper de l’entreprise pour des raisons de santé. Elle assurera l’intérim pendant un an. Le temps de réfléchir à la proposition qui lui avait été faite : reprendre la tête de l’entreprise.

Elle se lance dans l’aventure avec le soutien de son mari, de ses deux fils et l’aide des grands parents qui assurent la garde des enfants : « Au début, on me regardait avec curiosité. Certains disaient que je ne tiendrais pas plus de 6 mois. Les clients, les architectes, les fournisseurs m’ont vite fait confiance. Il faut dire que je remplaçais le patron quand il parait en vacances. M. Fabbro a toujours su m’intégrer dans le milieu du bâtiment. Le reste je l’ai appris sur le tas », se souvient-elle.

Elle a donc fait ses preuves, travailler et travailler encore. Elle avoue qu’il a fallu 4 à 5 ans avant de se faire admettre dans le milieu. Etre une femme peut aussi être un atout : « Je n’ai jamais usé de mes charmes pour obtenir quoi que ce soit. Je veux que l’on me trait comme une chef d’entreprise et pas comme une femme ».

Battante, pleine d’énergie, motivée et sûre d’elle, Monique Veillard a su s’imposer. Une fois le week-end arrivé, elle en profite pour souffler et se consacrer à sa famille. « L’hiver, je prends plaisir à rester à la maison. Je ne skie pas. Pendant que mon mari et mes deux fils sont sur les pistes, je leur prépare de bons petits plats ; ce que je ne fais pas forcément en semaine, faute de temps. Et l’hiver terminé, c’est balade en montagne, collecte de champignons… C’est un bon exutoire ». Et la famille c’est ce qu’il y a de plus précieux.


Sallanches

Bulletin Municipale – Ville de Sallanches – Année 1996

La société ETTEBA, entreprise d'électricité générale dans divers domaine tels que le chauffage, les courants faibles, la domotique... prend un nouvel essor.

En effet, sise rue Pellissier au centre ville depuis sa crétion en 1979, date à laquelle elle a été cédée par les établissements Bernard GRAMARI, elle se devait, pour faire face à son développement et à une situtation géographique ne convenant plus, de tranférer son siège social vers des locaux plus adaptés.

Un nouvel investissement a permis son installation dans le Parc Industriel et Commercial du Mont-Blanc, au 1454 de l'avenue André Lasquin.

Le site, de par ses infrastructures, facilite l'accueil de la clientèle et des fournisseurs dans un cadre spacieux et convivial.

La stratégie de l'entreprise repose sur une qualité de des prestations assurées par une équipe d'une dizaine de personnes, dynamique et compétente, animée par Madame Monique VEILLARD, nouvelle gérante depuis 1989.

Challenge audacieux en son temps dans un métier plutôt réservé.

Parmi ses références, citons la rénovation du Lycée Saint Joseph, la construction de C.A.T et de la Médecine du Travail, la remise en conformité du Collège du Verney, la réalisation de programmes MGM dans les différentes stations.

Entreprise motivée, ETTEBA est soucieuse de préserver son outil de travail, sa pérennité et la qulité de des ses services dans un marché de plus en plus exigeant.

 

MG

Rencontre Artisans-Merlin Gérin : Magazine Multi 9 Le journal de la réussite professionnelle – Numéro 36 – Novembre 1994

« Le patron des électriciens… c’est une femme ! »

C’est par ces mots que Monique Veillard, gérante de l’entreprise ETTEBA à Sallanches (Haute-Savoie), était accueillie lors de ses premières réunions de chantiers. Etre « à la barre » d’une entreprise d’électricité – milieu à dominante masculine – quand on est une femme semble un pari. Pari réussi ?

En 1989, Monique Veillard rachète l’entreprise ETTEBA, où pendant 10 ans, elle a exercé la fonction de secrétaire-comptable. Au fil des ans, devenue le « bras droit » de Daniel Fabbro, le patron, elle avait acquis de réelles compétences. EN 1988, D. Fabbro ne peut plus diriger son entreprise. Monique Veillard assure la gérance intérimaire d’ETTEBA. C’est ainsi que Monique Veillard fait fonction de patron : visites de chantiers, préparation des devis, suivi des clients, relations avec les architectes, les organismes de contrôle, les distributeurs, les fournisseurs, et sans oublier l’organisation du travail des équipes. « Une année particulièrement difficile, remplie d’incertitudes, très éprouvante, mais ô combien formatrice et décisive quand à mon avenir ! » précise Mme Veillard. Le hasard, l’intérêt et l’impérieuse nécessité « d’être plus qu’une collaboratrice » conduisent Mme veillard à relever le gant « quand la famille Fabbro me propose de reprendre Etteba, tout en ne me leurrant pas sur les difficultés qui m’attendaient ! »

Faire ses preuves pour être acceptée

Des difficultés il y en a eue. Il y en a encore. Certaines sont celle de tous chefs d’entreprises, certaines sont dues au fait d’être « patronne dans ce milieu masculin qu’est le monde du bâtiment et de l’électricité. Il a bien fallu 3 ans pour que je sois considérée comme un chef d’entreprise ayant les compétences, y compris la technique ! » Difficultés, avoir gardé tout le personnel, mais en même temps un atout. Entreprise familiale, Etteba garde ses collaborateurs, et Mme Veillard entendait bien en fait autant « même si gérer 10 hommes qui ont côtoyé la secrétaire avant qu’elle devienne la patronne des électriciens n’est pas évident ! ». Difficultés, les réunions de chantiers où être une femme paraît déplacé ; difficultés, les réunions techniques quand la culture technique est sommaire « c’est fou, ce que j’ai ingurgité sur les normes, les courants, etc. Il fallait que je le fasse, et je l’ai fait. » Ces difficultés et d’autres ne doivent pas cacher les moments privilégiés tels que les réunions, les stages, les conférences organisés par les fournisseurs et les distributeurs où Mme Veillard a énormément appris. Déterminée, volontaire, « la patronne des électriciens » s’est imposée « une fois cette période probatoire passée, on est acceptée ; mais tout est si fragile qu’il faut toujours aller de l’avant ».

Ne pas jouer les « femmes pressées »

Point commun à de nombreux patron, la journée démarre à 7h30 pour quelques fois ne finir qu’après 19h. Journée au cours de laquelle, se traitent de multiples choses, allant du démarrage des équipes, en passant par l’organisation du travail avec la secrétaire, sans oublier les travaux techniques (conception et schémas des installations, devis,…) les rencontres avec les clients, les prescripteurs, les collectivités… Dans un emploi du temps très serré, Monique Veillard préserve des plages de temps pour s’intéresser à des activités sociales et relationnelles et pour sa famille « même si mes deux enfants trouvent parfois que c’est dur ! Heureusement il y a mon mari – cadre dans une entreprise de la région – et les grands-parents. Sans eux, aurais-je réussi mon pari ? »